Les adieux d’une légende au sport: Taloubet Z, le crack de Zangersheide

L'étalon avec le moteur le plus rapide au monde s'appelle Taloubet Z, conçu par Cees Klaver, et avec Christian Alhmann au volant. Le père spirituel de ce joyau a fourni du sang français avec une bouche allemande. Cela a abouti à un moteur turbo explosif : une puissance d'accélération unique et des vitesses de pointe qui dépassent de loin la moyenne, 18 ans au compteur et toujours inégalé. Il est le prototype d'un cheval de sport moderne, Taloubet Z taquine l'imagination. Il a fait ses adieux au sport à Leipzig. Ce n’était pas un hasard, c’était le même endroit où il a remporté la finale Coupe du Monde FEI en 2011 et a remporté un total de trois Grand Prix Coupe du Monde. Un au revoir commun n’aurait pas été approprié, car Taloubet Z est tout sauf un cheval standard. Pour la dernière fois, il a offert au public un spectacle monumental et a remporté la victoire !

C’est l’histoire de Taloubet Z. Une histoire à deux millions d’euros (de gains), cent cinq participations en épreuves cinq étoiles, quarante-cinq en épreuves Coupe du Monde, vingt-six victoires internationales, neuf championnats et médailles remportés aux Jeux Olympiques, dans de nombreux Championnats d’Europe et en finales de Coupe du Monde… Existe-t-il un mot qui pourrait cristalliser un tel palmarès ? Taloubet Z est un superlatif en soi. Z-Magazine vous emmène sur le parcours de sa vie. S’il n’a pas déjà conquis votre cœur, ce sera le cas dès à présent.

Cees Klaver, son éleveur : « Il n’y a pas de cheval plus gentil que Taloubet Z ».

« Bien entendu, j’ai regardé les adieux de Taloubet Z à la télévision, et c’était superbe ! J’avais pensé aller à Leipzig, mais c’est à plus de six cent kilomètres, sans compter le retour. Mais, pour être honnête, si j’avais su que ce serait si émouvant, je ne l’aurais manqué pour rien au monde ! Christian et Taloubet Z ont eu la chance de s’élancer en dernier. Quand cinq couples ont déjà bouclé leur barrage sans faute, il faut absolument faire de même, et être évidemment plus rapide. C’était leur dernier concours. Ils n’avaient vraiment rien à perdre. Taloubet Z est un maître, mais je crois que Christian l’est tout autant en tant que cavalier. Il est venu dans le calme et rond pour l’avant dernier obstacle, et a tellement ouvert les gaz que j’en suis resté stupéfait. Je suis certain que c’est ce qui leur a fait gagner l’épreuve. » Le produit de son élevage prend peut-être sa retraite, mais Cees Klaver, âgé de 73 ans, ne pense pas encore à la sienne. Et c’est une bonne chose pour le monde des sports équestres. En plus de Taloubet, c’est Cees qui a produit le Champion Olympique Big Star, et son successeur Big Star Junior. « J’ai tant de bonnes souches d’élevage et cela me donne toujours tellement de satisfaction, je ne peux – et je ne veux – tout simplement pas arrêter ! », lance Cees avec un sourire, qui fait toujours naître une trentaine de poulains chaque année.

Le dernier produit de Galoubet A

« J’ai tout simplement adoré Galoubet A, un peu de trotteur croisé avec Almé. C’était un cheval de classe mondiale sous la selle de Gilles Bertran de Balanda. Le sang d’Almé (Ibrahim) est le meilleur. C’était vrai dans le temps, et ça l’est toujours. C’était le sang sportif par excellence. Galoubet A était un cheval colérique. S’il venait à effleurer une barre, il devenait furieux. Il envoyait ses postérieurs en l’air dans de violentes ruades de frustration après l’obstacle effleuré. C’était le génie de Galoubet A. Il avait toujours envie d’aller sur l’obstacle, mais il faisait tout pour ne pas le toucher.

Galoubet A

Regardez les chevaux qu’il a produit : Baloubet du Rouet, Taloubet Z, Quick Star, Skippy II… Il y a tellement de bons chevaux par Galoubet A. C’est presque anormal. Evidemment, j’en voulais un, mais ça n’a pas été simple. Galoubet A se trouvait en France à l’origine, mais il était parti aux Etats-Unis pour une sacrée somme. C’était un syndicat qui contrôlait la commercialisation de sa semence. Je suis donc entré en contact avec Gaby Vandaele, de Keros, qui était un membre de ce syndicat pour qu’il puisse me venir en aide. De la semence fraiche a été envoyée par les airs en direction de Paris. Gaby Vandaele a acheté une poulinière à Paris, et là, près de l’aéroport, elle a été inséminée en frais. Ce n’était pas de la très bonne semence et c’était une expérimentation onéreuse, mais j’ai toujours aimé faire les choses différemment.

Taloubet Z a une battue d’appel très puissante et est incroyablement agile. Vous pensez qu’il va aller à droite et il y est déjà. Il peut sauter de n’importe où et il a toujours ses postérieurs prêts à pousser pour aller sauter. Cela vient du galop de trotteur de Galoubet A dont il a hérité. Taloubet Z n’a pas de foulée longue et lente, c’est plutôt l’inverse : ses réflexes très rapides lui permettent de toujours réagir très vite. »

Krista, la fille de Polydor

« Krista est une jument par Polydor, je l’ai achetée dans la région de la Frise. C’est une bonne jument, avec un tempérament doux et une très bonne tête. Ce ne sont pas tous les produits de Polydor qui ont une aussi bonne tête, même Galoubet A n’était pas plus facile, c’était donc un croisement un peu risqué au premier abord. Taloubet Z en a été le produit, et il a un excellente mental, je dois dire. Concernant les gènes sportifs, la mentalité de guerrier de Galoubet A a fait un excellent croisement avec du sang de Westphalie, en Allemagne. J’aime combiner un sang français assez fort avec une bouche allemande. Krista est elle-même sortie en compétition jusqu’à 1,35-1,40m. Sa lignée maternelle contenait des chevaux qui étaient sortis en épreuves à 1,50 et 1,60m. Krista m’a déjà donné quatre produits qui évoluent à 1,60m. Big Star Junior est le plus jeune d’entre eux, il est issu du croisement entre Big Star et Krista. C’est comme ça que j’ai fait mon propre croisement. Je suis sûr que Taloubet a hérité la rapidité de ses antérieurs de Krista. »

Un poulain très chic, pas si grand que ça

« Taloubet Z était tout de suite un poulain très chic, mais pas si grand que ça. Sa mère Krista, qui toise 1,62m, n’est pas très grande elle non plus. Finalement, il est devenu assez grand. Mais on ne pouvait pas imaginer qu'il deviendrait un tel cheval. On espère bien évidemment avoir un bon poulain en élevant avec Galoubet A. Taloubet Z a toujours eu un tempérament très doux. Il est honnête et très intelligent. Les jeunes étalons sont rarement faciles, mais avec Taloubet Z, c’était justement l’inverse. Je pouvais faire saillir une jument dans le même pré où étaient des poulains et les autres juments. Il est si peu compliqué et si obéissant. C’est incroyable à quel point ce cheval est raisonnable, sensé. »

Cees Klaver : « A chaque fois que Taloubet Z remportait une épreuve, Monsieur Melchior m’appelait le lundi suivant, vers 15h, pour me féliciter. »

Quand Taloubet Z a eu deux ans et demi, Cees a demandé à Henk Wierberdink de le préparer pour l’expertise des étalons. « C’était immédiatement limpide que Taloubet Z resterait entier. J’en avais décidé ainsi à cause des frais importants du haras. Il a un pedigree incroyable. Mais cela a été un peu plus compliqué de le faire approuver. »  L’opinion de Henk n’était pas si positive, il a dit que Taloubet n’étais pas encore assez fort et marchait sur deux pistes, tout en étant serré devant et ouvert derrière. Cees était assez d’accord avec lui et ne l’a pas amené à l’expertise. A l’âge de trois ans, Taloubet Z était devenu beaucoup plus fort, Cees l’a donc présenté à l’expertise des étalons à Zangersheide où il a été approuvé. « Les étalons approuvés à trois ans sur les bases du saut en liberté doivent faire une épreuve à cinq ans pour conserver leur approbation de façon permanente. Marcel Beukens, un cavalier qui vit à proximité, a donc débuté Taloubet Z à ce moment-là, il montait sous les enseignements de l’Américain Alan Waldman. Malheureusement, Marcel a eu des problèmes de dos, c’est donc Alan qui a monté Taloubet Z à Lanaken. Ils ont remporté la petite finale du samedi. A cinq ans, Taloubet Z a battu 190 autres partants, ce n’était pas trop mal ! »

« Mon cavalier Marcel Beukens, tout comme Alan Waldman, étaient vraiment emballés par Taloubet Z. Bien qu’il n’ait que cinq ans, nous savions qu’il deviendrait un cheval de Grand Prix. Il avait déjà montré de grandes capacités à cet âge-là. Taloubet Z était plutôt facile à monter, mais j’ai lu que Christian Ahlmann en avait plein les mains lorsqu’il a commencé à le travailler. Taloubet Z est toujours impatient. On aurait plutôt besoin de le calmer que de le stimuler. Il est toujours impatient. Il ne perd pas de temps sur les barres et il a des réflexes rapides. Taloubet Z a des antérieurs très rapides, ce qui vous donne une bonne marge de manœuvre jusqu'à la barre. »

De Cees Klaver, à Jan Tops, puis à Zangersheide.

« Je n’aurais jamais pu rêver d’une meilleure vie pour Taloubet Z. On ne peut pas tout contrôler en tant qu’éleveur, même s’il a un rôle crucial. Il doit savoir à qui il vend. Même un cheval de cette trempe n’arrive pas à ce niveau tout seul. Lorsque vous vendez un bon cheval à un bon cavalier ou à un professionnel, vous avez de meilleures chances. Evidemment, vous ne pouvez pas savoir à l’avance s’il ira aux Jeux olympiques. J’ai vendu la moitié de Taloubet Z à Jan Tops quand il avait 7 ans. C’est un professionnel. Jan Tops avait fait évoluer Taloubet Z à un plus haut niveau sous la selle de son cavalier Daniel Deusser. Quelques mois plus tard, nous l’avons vendu à monsieur Melchior, pour Judy Ann. Judy Ann a rencontré Christian, et on connaît le reste de l’histoire… »

« Christian a mis les points sur les i avec Taloubet Z, puisque c’est un cheval assez grand, fort et plein de sang. Judy Ann est plutôt petite, alors que Taloubet Z est vraiment grand, vous savez ! Un cavalier allemand avec une monte allemande, ça a vraiment fonctionné pour lui. Au départ, Taloubet Z a été monté à la manière américaine avec Alan Waldman. Il a une assiette légère, monte en avançant et ne compacte que peu le cheval. Plus tard, Taloubet Z a dû s’adapter à la monte allemande, rassemblé, presque un mètre plus court, discipliné et au contrôle. Daniel Deusser l’a très bien fait, et Christian Ahlmann est allé encore plus loin qu’aucun autre ne l’aurait pu. »

« J’ai eu beaucoup de chance que l’équipe du Haras Zangersheide se soit attaché à ce point à Taloubet Z et qu’elle ne l’ait jamais vendu. A chaque fois que Taloubet Z remportait une épreuve, Monsieur Melchior m’appelait le lundi suivant, vers 15h, pour me féliciter. Il m’a toujours complimenté d’être un bon éleveur, il était si heureux avec son Taloubet Z. C’est une des belles choses avec Zangersheide, ils respectent les éleveurs. Et aux Championnats du monde des jeunes chevaux, les éleveurs des trois meilleurs chevaux sont toujours récompensés. Monsieur Melchior considérait l’éleveur comme le créateur du bonheur et du plaisir qu’il a eu de son étalon. »

« Taloubet Z a toujours compté beaucoup pour moi. Il ne m’a pas seulement donné une bonne réputation, il m’a aussi fait énormément plaisir. C’est ce dont chaque éleveur rêve. Pour un éleveur, les Jeux olympiques sont la récompense ultime. A Londres, Taloubet Z était le cheval de réserve mais le sélectionneur allemand a choisi Codex One. En 2016, à Rio, il a enfin pu entrer en piste, et a remporté une médaille de bronze pour l’Allemagne. Il était accompagné à ces Jeux par un de ses produits que j’ai également élevés. Taloubetdarco K Z, qui avait alors 11 ans, et qui était monté par le Japonais Toshiki Masui. Pour ce cheval également, pas besoin de cravache ou d’éperons. Ils ont sauté toutes les épreuves des Jeux olympiques, même si quelques barres sont tombées, mais elle a toujours permis à son cavalier de franchir la ligne d’arrivée. Aux Jeux olympiques de Rio, avec Big Star en plus, il y avait trois chevaux que j’avais fait naître dans la compétition, c’était incroyable ! »

Judy Ann Melchior, la propriétaire : « Il était difficile de contrôler tout son talent ».

Judy Ann a vu pour la première fois Taloubet Z dans un concours à Saint-Tropez, au début de la saison des sept ans. Il était monté à l’époque par Daniel Deusser. « Taloubet Z m’est tout de suite apparu comme un étalon extrêmement chic, grand, avec beaucoup de puissance et de sang. Il était encore assez vert à ce moment-là, mais il avait déjà un look remarquable. Nous ne l’avons pas acheté immédiatement, mais seulement quelques mois après les Championnats du monde des 7 ans. Pour être honnête, c’est mon père qui a couru après Taloubet Z », rit Judy Ann. « Il était fou de ce cheval. Quand je l’ai essayé, j’ai senti que j’avais un cheval anormal sous ma selle, avec une rapidité des antérieurs hors du commun. On ne le remarque pas tant que ça avec Christian, mais quand je montais Talouvet, on voyait à quel point il est grand. On se doutait dès le début que Taloubet Z ne serait pas forcément le meilleur type de cheval pour moi, il était si puissant. Mais ses qualités à l’obstacle nous ont persuadé que le jeu en valait la chandelle. »

« Au départ, il était difficile pour moi de contrôler sa puissance, notamment dans les épreuves jeunes chevaux où les barres n’étaient pas si hautes que ça. Quand il est passé de 8 à 9 ans, nous avons finalement franchit le cap et commencé les épreuves et Grand Prix à 1,50m. Les résultats étaient variables. J’ai eu de très bons parcours, mais aussi d’autres où je ne n’avais pas vraiment le contrôle. Taloubet Z m’a toujours donné l’impression qu’il était le meilleur cheval que je n’ai jamais monté, mais aussi qu’il ne me donnerait jamais tout. C’était un cheval très fort pour une petite femme. C’était difficile de compenser sa puissance et sa nature explosive. »

« Un cheval comme Levisto Z me correspond beaucoup mieux en tant que cavalière, mais ce que Taloubet Z a et peut faire, je n’avais jamais ressenti ça avant. Taloubet Z est un génie, mais un génie n’est jamais facile. Surtout dans ses jeunes années, il m’était difficile de contrôler tout son talent. Et c’est tout ce dont il s’agit. Quand vous êtes au plus haut niveau, avec le couple parfait, tout s’imbrique ensemble, ces chevaux peuvent faire tellement plus. C’est un génie comme je n’en ai jamais rencontré avant. »

Changement de cavalier.

« La décision de confier Taloubet Z à Christian était à la fois compliquée et non. J’avais déjà dit plusieurs fois à Christian qu’il devrait l’essayer, parce que j’étais persuadée que je ne pourrais jamais exploiter la totalité de son talent. Le couple Christian et Talooubet Z a si bien fonctionné dès le départ que ça m’a rendu la décision beaucoup plus simple. Christian peut monter tous types de chevaux. Il a énormément de feeling et monte toujours proprement. Il peut toujours placer le cheval à la bonne et même distance, ce qui donne beaucoup de confiance aux chevaux. Taloubet Z avait besoin d’un cavalier qu’il pouvait respecter, mais aussi d’un qui lui donnerait beaucoup de confiance. Le fait que Christian était plus grand et plus fort a créé le bon équilibre. »

Pour Judy Ann, Taloubet Z est le plus doux et calme des chevaux dans les entrainements sur le plat. « Dès que l’on commence à sauter, c’est comme si on enclenchait le turbo. (Rires) Il faut être doux avec la pédale d’accélérateur. Taloubet Z n’est pas hypersensible dans son caractère, mais il faut être vraiment juste dans ses demandes quand on le monte. Cette puissance d’accélération est ce qui rend Taloubet Z si particulier. »

Quand il a eu 12 ans, Taloubet Z a souffert d’une blessure pendant un long moment. Il avait une fracture dans le coude, ce qui est assez rare chez les chevaux de sport. « Christian et moi avons vraiment cru en son retour. Nous avons eu beaucoup de mal à trouver un vétérinaire qui était spécialisé dans ce domaine, nos vétérinaires habituels ont vraiment peu l’habitude de ce type de blessure. Je ne peux pas expliquer pourquoi nous croyions autant en son retour. Taloubet Z est un membre de notre famille. Nous avons traversé beaucoup de chose ensemble et il était trop tôt pour baisser les bras avec lui, Taloubet Z avait été jusque-là toujours en très bonne forme et santé. La fracture ne peut pas avoir été causée en sautant, elle était placée trop haute. Peut-être s’est-il blessé à la reproduction. C’est la raison pour laquelle nous avons stoppé sa reproduction, parce que j’avais peur qu’il se blesse à nouveau. C’est à ce moment-là que nous avons décidé d’attendre jusqu’à la fin de sa carrière sportive. », explique Judy Ann.

Un adieu mémorable.

Taloubet Z a été au meilleur de sa forme jusqu’à son dernier concours. A Leipzig, Christian est le chouchou du public. Taloubet Z et lui ont gagné plusieurs fois là-bas dont une finale de Coupe du monde en 2011. C’était l’endroit parfait pour conclure la carrière sportive de Taloubet. Judy Ann n’osait même pas rêver d’une victoire ce jour-là. « Je n’avais pas d’attentes, j’espérais juste qu’il ferait ses adieux d’une belle façon. Cela aurait été vraiment dommage de l’arrêter après une contre-performance, parce qu’ils ont réalisé de si bons résultats tout au long de cette longue carrière. Tout ce que je souhaitais, c’était un sans-faute dans le Grand Prix Coupe du Monde. Je voulais que Christian puisse regarder en arrière avec satisfaction lorsqu’il repenserait à sa carrière avec Taloubet Z, et que Taloubet Z puisse une dernière fois montrer ce qu’il vaut au barrage. J’étais si nerveuse ce jour-là, une faute est si vite arrivée et cela ne signifie pas que vous avez fait un mauvais parcours. Pendant le barrage, j’étais avec Christian au paddock de détente, pour ne pas voir les autres partants. Puis Taloubet Z et Christian ont pris le départ du barrage et tout s’est passé comme il fallait. Je ne voulais pas y croire tant que ce n’était pas fait. Cet adieu de Taloubet Z est le genre de moment dans le sport pour lequel vous avez tout fait pour qu’il se produise, et qui n’arrive qu’une fois dans votre vie. »

 Judy Ann Melchior : « Taloubet Z m’a toujours donné l’impression qu’il était le meilleur cheval que je n’ai jamais monté, mais aussi qu’il ne me donnerait jamais tout. »

Christian Ahlmann, le cavalier : « Complétement surpris par les sensations données par Taloubet Z ».

Christian n’était pas d’accord avec l’avis de Judy Ann au départ. Elle pensait que Taloubet Z était le meilleur cheval qu’elle ait jamais monté. Le plus dur, disait-elle, c’était de le contrôler. « J’avais vu Taloubet Z plusieurs fois et Judy Ann devait travailler dur avec lui. On ne pouvait clairement pas passer à côté de ses qualités. On pouvait voir qu’il avait beaucoup de puissance et d’agilité, mais je ne croyais pas Judy Ann lorsqu’elle disait que c’était le meilleur cheval qu’elle ait jamais monté. Judy Ann monte de très bons chevaux, donc c’était une déclaration plutôt audacieuse ! »

« Il y souvent une grosse différente entre voir un cheval sauter et les sensations lorsqu’on le monte. Ça peut être dans les deux sens : ça peut avoir l’air spectaculaire mais on n’a pas de sensations spectaculaires lorsque l’on monte le cheval, ou ça peut avoir l’air bon, mais pas spectaculaire, mais les sensations sont anormalement bonnes. Pour être franc, on ne pas toujours tout voir de l’extérieur. Taloubet Z peut sauter les plus grosses épreuves au monde sans problème, mais sa façon de sauter sur les plus petites épreuves ne me paraissait pas particulièrement extraordinaire. Toutefois, quand je l’ai monté pour la première fois et que j’ai sauté avec, j’ai enfin compris ce que Judy Ann voulait dire. Les sensations que Taloubet Z m’a données étaient clairement ahurissantes. Il m’a complètement surpris ! La première impression que j’ai eue était d’être certain que Taloubet Z aurait un bel avenir. Avec le bon cavalier sur son dos, il pouvait même devenir un véritable champion. »

Christian Ahlmann :« Les meilleurs chevaux du monde ont besoin d'une bonne foulée et du bon train pour sauter. Taloubet Z, lui,  pourrait pratiquement sauter de pied ferme. » ​

Sur le chemin du succès.

« Cela prend du temps de tout mettre en place et de mettre les points sur les i. J’ai essayé de former un couple avec Taloubet Z. Nous avons appris à nous connaître, mais aussi à nous faire confiance. Le problème avec Taloubet Z - enfin, la chose la plus compliquée avec lui – est de conserver sa puissance sous contrôle. Il sautait trop vers l’avant. Dans le but de lui faire prendre plus de hauteur, j’avais besoin de le garder concentré et sous contrôle. Le contrôle du saut, c’est principalement du travail de dressage, mais aussi lui apprendre à me respecter. En réalité, le « problème » était ce qui rendait Taloubet Z si spécial. Son talent, sa puissance et son agilité lui permettaient de sauter dans n’importe quelle situation. Après un virage très court sans vitesse, Taloubet Z pouvait toujours faire un saut magnifique. Avec les meilleurs chevaux du monde, vous voyez qu'ils ont besoin d'une bonne foulée et du bon train pour sauter. Taloubet Z pourrait pratiquement sauter de pied ferme. »

« J’ai réussi assez rapidement à former un couple avec Taloubet Z. Après quelques semaines, nous commencions déjà à connaître un certain succès. Nous avons immédiatement remporté le premier petit Grand Prix national que nous avons couru. Deux ou trois mois après, nous avons remporté notre premier Grand Prix international en Allemagne. Dans le même temps, nous connaissions déjà des hauts et des bas. Ce n’était pas parfait à chaque sortie, et c’était toujours pour la même raison : le garder au contrôle. Cela m’a pris de nombreux mois avant de pouvoir prétendre l’avoir réellement sous contrôle. Après ça, Taloubet Z aurait fait n’importe quoi pour moi. Quel que soit l’obstacle, ce n’était pas un problème pour Taloubet Z, il avait juste à sauter. »

Le sang sportif par excellence

A côté de ça, Taloubet Z est un étalon d’une incroyable bonne nature et très sage. C’est un super cheval. Quand vous travaillez avec lui, vous ressentez son sang et sa puissance. Sur la piste, vous pouvez le sentir se préparer. Taloubet Z est un vrai cheval de sport, il garde son énergie pour le bon moment. Et à ce moment-là, il est réveillé et prêt à y aller. »

Taloubet Z n’a pas un galop avec beaucoup de rebond, mais il a une frappe très puissante. C’est un mélange qu’on ne voit pas souvent. « Il a une foulée vraiment très adaptable, ce qui rend le travail du cavalier plus facile et lui permet de pouvoir choisir la distance qu’il souhaite. Avec Taloubet Z, on peut facilement choisir l’enlever une foulée ou changer la distance au dernier moment. C’est ce qui le rend si spécial. Ces dernières années, Taloubet Z était également la mascotte de Zangersheide. Il a remporté le plus de gains, des épreuves Coupe du monde, une finale Coupe du monde, et était difficile à inquiéter dans les Grands Prix. « 

Christian Ahlmann « Je ne croyais pas Judy Ann lorsqu’elle disait que c’était le meilleur cheval qu’elle ait jamais monté. »

Sans Christian Ahlmann, Taloubet Z n’aurait peut-être pas remporté autant de victoires, mais cela va également dans les deux sens. « Taloubet Z a été si important pour ma carrière sportive. Il a été mon premier cheval vraiment exceptionnel depuis Cöster, qui a été mon cheval de championnat pendant de nombreuses années. Il a pris la relève et m’a emmené jusqu’au plus haut niveau. Nous pouvions gagner n’importe où. Cela ne fonctionnait pas toutes les semaines, mais nous étions compétitifs sur n’importe quel terrain. Je n’ai jamais crains de ne pas nous en sortir le dimanche. »

Casall ASK a remporté la dernière épreuve de sa carrière à Hambourg. Taloubet Z à Leipzig. Ce qui laisserait penser qu’il est facile de planifier l’adieu idéal. En vérité, ce n’est pas aussi évident que cela. « J’étais vraiment nerveux ce jour-là ! Taloubet Z méritait un bel adieu à la compétition. Je rêvais secrètement d’une victoire, mais je ne pouvais pas même espérer que cela se produirait réellement. Je savais que ça allait être difficile, mais je voulais essayer. Au barrage, toute la tension est tombée. Nous avions déjà une belle journée derrière nous. C’était mon rêve que Taloubet Z puisse sauter sa dernière épreuve dans la même forme qu’un jeune cheval, au plus haut niveau, avec un sans-faute. Le barrage a été la cerise sur le gâteau. Nous avions la chance de notre côté. Je me suis fait plaisir à monter ce barrage, j’ai tout donné, et ça a fonctionné ! C’était un jour absolument particulier pour chacun d’entre nous », raconte Christian.

La production de Taloubet Z : rapidité et intelligence.

Taloubetdarco K Z (dont le père de mère est Darco), Aloubet KV (père de mère Calvados), Talou Contender K Z (père de mère Contender), Taloudor K Z (père de mère Indorado), Skipio K (père de mère Almé Z)… Ils font partie des produits de Taloubet Z performants au plus haut niveau sportif, élevés par Cees Klaver. « J’ai produit de nombreux poulains par Taloubet Z. Ils sautent tous très bien et sont tous des chevaux intelligents. Les produits de Taloubet Z ont beaucoup de sang et sont très généreux au travail. Ils sont attentifs et ne refuseront jamais. Taloubet Z est un très bon père. Ils ne sont pas difficiles à mettre sous la selle. De nos jours, il n’y a jamais trop de sang, du moins tant que vous arrivez à leur garder une tête froide. »

Taloubetdarco  K Z - Toshiki Masui

Cees Klaver : « J’ai produit de nombreux poulains par Taloubet Z. Ils sautent tous très bien et sont tous des chevaux intelligents. »

Taloubet Z et Baloubet du Rouet sont tous deux des fils de Galoubet A. Tous les deux ont été des phénomènes des compétitions de saut d’obstacles, mais sont aussi fantastiques dans l’élevage. « Un cheval par Baloubet aura des antérieurs un peu plus longs et une tête plus droite, plus relevée. Un cheval par Taloubet Z aura des antérieurs plus rapides, plus réactifs mais attaquera plus les barres. Ils sont plus impatients. De plus, ils ont toujours un bon passage de postérieurs. Taloubet Z a toujours sauté de façon assez économique. Quand Big Star montre beaucoup de générosité sur les barres, Taloubet Z fatigue moins son corps. Il saute de façon plus ergonomique et ne perd pas de temps en l’air. Je suis certain que Taloubet Z sera un père très polyvalent et pourra se croiser facilement avec de nombreuses et différentes juments. De préférence des juments froides dans leur têtes, cependant, la mère de Taloubetdarco K Z était une jument pur-sang, et il s’en est plutôt bien sorti », conclut Cees Klaver.

Wilfried Rooms fait naître en moyenne trois poulains par an. C’est un loisir pour lui. Sa fille Emma et son fils Simon préparent les jeunes chevaux, et, entre 5 et 7 ans, ils sont vendus pour le sport. Il y a six ans, Wilfried a choisi Taloubet Z pour sa jument, et Tigra ter Wilgen Z (père de mère Air Jordan Z) en est le résultat. « Je pense que c’est important que les étalons aient la capacité de sauter au niveau 1,60m. Taloubet Z a plein de qualités, et il a même participé aux Jeux olympiques. Combien d’étalons peuvent s’en vanter? Et combien d’étalons ont la qualification de vainqueur de Grand Prix ? En plus des qualités à l’obstacle, ils doivent également être rapides et intelligents, sinon ils ne pourraient pas gagner. Toutes ces qualités se retrouvent chez Tigra. Cette année, nous allons remettre la mère de Tigra à Taloubet Z, puisque le dernier produit de ce croisement est juste phénoménal. Quand elle était pouliche, Tigra avait un corps long et fin. Elle a toujours été très douée au saut en liberté. Elle pouvait effleurer une barre, mais elle sautait avec envie. C’est là qu’on reconnait l’intelligence de Taloubet Z. Tigra n’a pas concouru à 4 ans, elle a d’abord eu deux poulains. Plus tard cette année, nous l’avons emmenée faire ses premières compétitions. C’était incroyable la facilité avec laquelle nous l’avons débutée. On aurait dit qu’on n’avait rien à lui apprendre. Elle a beaucoup de sang, mais ne déborde jamais, et elle sait quoi faire face aux barres. Je ne pourrais pas le décrire autrement que de dire qu’une piste de saut d’obstacles est son environnement naturel. » A l’âge de 5 ans, Tigra a débuté par les épreuves qualificatives pour les Championnats du monde qui ont lieu durant le Z-Festival. Tigra s’est non seulement qualifiée, mais a terminé cinquième de la finale des chevaux de cinq ans. « Emma choisira toujours Tigra comme première monture, cela veut tout dire, n’est-ce pas ? », rit Wilfried.

Tigra ter Wilgen Z - Emma Rooms

Wilfried Rooms : « Elle a toujours été très douée en saut en liberté. Elle pouvait effleurer une barre, mais elle sautait avec envie. C’est là qu’on reconnait l’intelligence de Taloubet Z. »

On retrouve aussi la production de Taloubet Z au Haras Zangersheide. La plupart sont très jeunes et n’ont pas encore débuté leur carrière sportive. L’étalon approuvé Take a Chance Z (père de mère Aldatus Z) aura 9 ans cette année, et il a déjà sauté quelques Grand Prix sous la selle de Christian Ahlmann. Il a également remporté la médaille de bronze lors des Championnats du monde des chevaux de 6 ans. « Take a Chance Z est un très bon cheval. Il est puissant, respectueux, et montre de nombreuses qualités. Il n’est pas encore au niveau de Taloubet Z, bien entendu, mais nous avons de grands espoirs pour lui », nous révèle Christian Ahlmann. « Nous croyons beaucoup en la production de Taloubet Z, notamment parce qu’il transmet sa puissance. Il y a une multitude de chevaux de saut d’obstacles talentueux, avec de la force, mais beaucoup d’entre eux n’ont pas à la fois le physique puissant et la légèreté du coup de saut de Taloubet Z.  ». Judy Ann ajoute : « Il y a peu de chevaux au monde à avoir eu une telle carrière. Ceci, en le croisant avec un bon mental et un beau modèle, fait de lui un étalon très intéressant pour les éleveurs. »

 

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